Retrouvez ici la sélection, mois par mois, des coups de cœur et très bons livres du dernier comité de lecture…

Le livre du trésor
de Brunetto Latini & Rebecca Dautremer
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"Cet album magnifique est constitué d'extraits d'une encyclopédie du Moyen Âge dédiée, pour partie, à la description d'animaux réels et imaginaires. Parmi eux, onze ont été choisis et illustrés par Rebecca Dautremer, selon le principe de la collection : seulement une semaine pour la réalisation des images en quatre couleurs (ici rouge, bleu, crème et noir).
Malgré ces contraintes, on reconnaît la finesse extrême et l'originalité des illustrations de Rebecca Dautremer qui correspondent totalement au caractère à la fois précis et fabuleux des textes. Ceux-ci sont particulièrement savoureux : certains recèlent de petites histoires ou anecdotes complètement farfelues (la fourmi, la baleine ou la cigogne), d'autres apportent des détails drôles (le loup), étranges (la lucrote), voire inquiétants (le dragon).
A noter que les textes ont été adaptés du vieux français pour être accessibles à tous.
Cet album grand format réussit avec élégance à nous émouvoir en mots et en images autour d'un bestiaire moyenâgeux où l'imagination n'a pas de limites."
L'incroyable voyage de Coyote Sunrise
de Dan Gemeinhart
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"La jeune Coyote, 13 ans, vive et inventive, vit, depuis plusieurs années, avec son père Rodeo, un homme discret, au grand coeur, dans un bus scolaire réaménagé, sillonnant ainsi les routes des États-Unis au gré de leurs envies. Sur le chemin, il leur arrive de prendre régulièrement des voyageurs dans le besoin et de les amener à bon port.
Ce quotidien sans attaches est toutefois bouleversé lorsque la grand-mère de Coyote lui apprend la destruction prochaine du parc de son enfance, faisant ressurgir douloureusement les souvenirs d'un passé heureux, disparu. En effet, meurtris à la suite d'un terrible événement, Coyote et Rodeo se sont fait la promesse de ne jamais retourner à Poplin Springs et d'aller toujours de l'avant, pensant ainsi tenir la peine et le deuil à distance...
La jeune fille se voit contrainte d'user de stratagèmes pour retourner dans sa ville natale sans éveiller de doute chez son père.
Ce voyage de plusieurs centaines de kilomètres va mettre sur la route de la petite famille de nombreuses personnalités, toutes plus étonnantes et attachantes les unes que les autres (Ivan, le chat confident, Lester, le musicien romantique, Salvador, l'ami fidèle, accompagné de sa mère et de sa tante qui peinent à trouver un emploi, Val la jeune fugueuse venant de faire son coming out, ou encore Gladys, la chèvre au caractère singulier) provoquant des rebondissements qui s'enchaînent alors (histoires de vies, panne, courses-poursuites...), freinant parfois la quête secrète de Coyote, mais forgeant des liens immuables.
La jeune fille arrivera-t-elle à temps pour empêcher les bulldozers de détruire son héritage familial ?

Quelle découverte ! La plume, sensible et juste, de Dan Gemeinhart (superbement traduite par Catherine Nabokov) happe le lecteur et lui fait ressentir un tourbillon d'émotions vives et variées, on passe du rire aux larmes en un clin d'oeil et on se passionne pour cette histoire d'une grande tristesse et cependant pleine d'optimisme.
[...]
La galerie de personnages est le point fort de cet ouvrage. On se prend d'affection pour ces personnalités hautes en couleur, aux histoires particulièrement touchantes et diverses, et on les quitte avec regret, Coyote et son père étant sans aucun doute les protagonistes les plus marquants de ce récit de par leur passé mais surtout leur complicité.

Une lecture bouleversante, inoubliable... Sortez vos mouchoirs, vous voilà prévenus..."
Le marchand de bonheur
de Davide Cali & Marco Soma
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"Monsieur Pigeon est un marchand un peu particulier puisqu'il vend du bonheur. En le suivant dans sa tournée, on découvre que chacun de ses clients a des raisons différentes de lui en acheter, ou non, un ou plusieurs pots. Madame Caille lui prend un grand modèle à partager avec ses amis, Mme Rossignol un petit parce qu'elle ne peut pas s'offrir le grand... Mais que trouve-t-on dans ces pots de bonheur ? C'est M. Souris, qui ramasse à la fin de l'album l'un d'eux tombé de la camionnette du colporteur, qui nous le dévoilera...

Cet album poétique entraînera petits et grands dans un voyage enthousiasmant aux côtés de Monsieur Pigeon et de ses clients. Dans le texte très plaisant et positif, la réflexion sur le bonheur se fait légère et malicieuse. Il se pourrait bien, en effet, que celui-ci tienne à de toutes petites choses...

Les illustrations, très soignées, m'ont totalement conquise, alors même que je ne suis pas toujours fan des animaux anthropomorphes. Avec leur côté bohème et leur aspect vieilli, dû au choix des couleurs et des vêtements, elles apportent une atmosphère forte à l'histoire. La nature y occupe une large place, et l'immersion dans la forêt visitée par Monsieur Pigeon est immédiate. Vignettes comme images à bords perdus fourmillent de détails, et l'humour est bien présent, notamment dans les moyens rocambolesques utilisés par le marchand pour atteindre, haut dans les arbres, les habitations de ses clients. Mentions spéciales à la camionnette de Monsieur Pigeon, ornée d'une grande plume, et à l'habitation de Madame Rossignol, en forme d'oiseau et parsemée de fleurs exubérantes.

Un album « feel-good » de 32 pages, à lire ou se faire lire sans modération, à partir de 4 ans !"
Migrants
de Issa Watanabe
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"Des animaux de tous les continents avancent. Ils fuient la Mort. Elle les suit à distance, se rapproche. Ils l'affrontent ou l'ignorent mais Elle rôde toujours. Ils ne possèdent pas grand-chose mais ils sont ensemble. Et puis, vient l'espoir fou de mettre une distance de plus entre Elle et eux : la mer. Ils s'entassent alors sur une embarcation trop frêle, trop étroite. La Mort les survole à califourchon sur son bel oiseau bleu au long bec rouge. La tension monte au fil des pages car Elle les traque, les épie. Elle attend son heure. Mais la fin de l'album laisse entrevoir une lueur d'espoir.

Un très bel album qui retrace avec finesse et sensibilité la fuite de migrants.
Pour aborder ce sujet, l'auteur a imaginé un album sans texte. En silence, les images narrent la tragédie. Les migrants sont représentés par une foule d'animaux sauvages et domestiques anthropomorphes, ce qui permet au lecteur de mettre une certaine distanciation entre le sujet et lui. La Mort, vêtue d'une cape fleurie et d'un pantalon, est représentée de manière peu impressionnante, presque tendre, mais elle est bien là, présente dès les premières pages.
Le regard du lecteur circule dans un axe horizontal à hauteur des personnages et accompagne leur fuite au rythme des pages. La palette de couleurs utilisées par l'auteur-illustrateur participe de façon importante à l'histoire : le fonds des pages est noir comme une nuit profonde qui n'en finit plus. La nature est sombre et menaçante. Seuls les animaux et les vêtements sont de couleurs chatoyantes, en souvenir peut-être d'une vie antérieure plus colorée, plus légère.
Et pourtant, malgré l'insupportable, l'humanité transparait à chaque page de cet album quand les migrants font bloc contre la Mort, quand ils s'entraident, se réchauffent, se recueillent... car bien avant d'être des migrants, ce sont des hommes, des femmes, des enfants.
Issa Watanabe aborde avec intelligence et pudeur un sujet délicat et offre au lecteur une belle expérience esthétique.
Un vrai coup de coeur."
Amoureux
de Hélène Delforge & Quentin Gréban
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"Après le très beau Maman, le duo composé par Hélène Delforge et Quentin Gréban nous livre un nouvel album plein d'émotions.
Ici, c'est l'amour avec un grand A qui nous est présenté sous toutes ses coutures : premier amour, amour perdu, amour déçu, amour fugace ou de toute une vie... Il est même question de la violence qui peut parfois en dériver.
De façon poétique, Hélène Delforge met en mots ce sentiment si particulier qui peut faire ressentir à lui seul mille émotions. A travers les nombreux poèmes, la plume de l'autrice se fait à la fois intime, épurée, moderne, parfois sensuelle ou ironique mais toujours juste et jamais mièvre.
Les illustrations pleine page de Quentin Gréban s'allient parfaitement aux textes et les complètent. De nombreux crayonnés s'ajoutent aux merveilleux tableaux, faisant voyager le lecteur au fil des époques (années 40, années 60, art déco, art nouveau, etc.).
Une certaine nostalgie se dégage de cet album émouvant au format imposant.
A offrir à tous les romantiques. Un véritable coup de coeur !"
Dévisagée
d'Erin Stewart
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"Une nuit, suite à un court-circuit, le feu prend dans la maison d'Ava. L'incendie ravage tout. Ses parents et sa cousine Sara (qu'elle considérait comme sa meilleure amie) périssent. Ava, elle, perd son visage et plusieurs doigts. Brûlée à 60 %, en particulier sur le haut du corps, l'adolescente subit pendant un an une vingtaine d'opérations et de greffes de peau. Orpheline, défigurée et traumatisée, la jeune fille vit désormais chez son oncle et sa tante, les parents de Sara. Sur leurs conseils et face à l'insistance de sa psy, Ava accepte de retourner au lycée, appréhendant d'affronter les regards pesants et les chuchotements indiscrets de ses camarades. Néanmoins, elle fixe une condition à cette réintégration : ne rester que 15 jours puis retrouver la sécurité de sa chambre et de sa solitude. Mais, dès le soir du premier jour (évidemment abominable), elle rencontre Piper, elle aussi victime de brûlures, et qui fait partie du même groupe de paroles qu'elle. Piper, sous ses dehors provocateurs et excentriques, cache une grande fragilité et instabilité. Mais, grâce à elle et à Asad, un garçon passionné de comédies musicales tout comme Ava, la jeune fille va reprendre goût à la vie et progresser dans son deuil.

Remarquable !
Ce roman pour grands ados s'intéresse à des personnes très rarement évoquées en littérature : les grands brûlés. Presque documentaire parfois, le récit aborde les souffrances physiques et mentales, les soins et opérations, le quotidien de l'hôpital... en utilisant les termes médicaux adéquats et sans rien cacher de la violence vécue (rejet des autres, isolement, douleurs, perte d'estime de soi...). A la fin du roman, l'autrice remercie d'ailleurs les grands brûlés et les soignants qui lui ont permis, par leurs témoignages, d'étayer ses personnages et de rendre les plus justes possible les descriptions du vécu de son héroïne.
Mais c'est bien d'une fiction dont il s'agit, une histoire dans laquelle les personnages sont incroyablement convaincants et dont l'évolution ne peut qu'émouvoir. Toutes les étapes du deuil sont présentes tout comme la lente et difficile reconstruction et acceptation de l'héroïne. Si Ava se révèle être un personnage des plus attachants, à la fois fragile et capable de second degré, les personnages secondaires sont eux aussi riches et complexes. La description des sentiments, sans jamais tomber dans le pathos, suscite chez le lecteur des montagnes russes émotionnelles : on passe en un clin d'oeil du rire aux larmes (un grand bravo d'ailleurs à Marie Leymarie, la traductrice, pour avoir réussi à transcrire ces subtiles variations !).
Le seul petit bémol de ce roman réaliste et passionnant réside peut-être dans la fin un tout petit peu trop hâtive et si résolument optimiste. Mais on pardonne sans peine à Erin Stewart d'avoir voulu laisser son lecteur sur une émotion positive après l'intensité suscitée par la découverte du calvaire d'Ava.
Extrêmement juste sur le regard des autres, la différence, la perception de soi suite à un traumatisme physique, ce roman poignant, drôle et difficile à la fois, est une merveilleuse ode à la vie et à l'espoir."
Le jardin d'Evan
de Brian Lies

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"Evan le renard vit en compagnie de son chien. Ils sont inséparables et ce qu'ils préfèrent avant tout, c'est entretenir le magnifique jardin d'Evan.
Puis, un jour, le chien meurt. Evan se retrouve tout seul, sa vie n'a plus de sens sans son ami, il se désintéresse de son jardin et sur un coup de colère le saccage. Mais les plantes n'ont pas dit leur dernier mot...
Des illustrations très réalistes servent cette belle histoire de deuil. La mise en page commence par des doubles pages lumineuses et des vignettes décrivant les activités et la complicité des deux amis.
Puis l'auteur donne une large place au blanc (au vide) pour annoncer la mort du chien. Petit à petit, les couleurs reviennent, les doubles pages réapparaissent signifiant la progression de la végétation. Evan reprend goût à la vie.
Cet album aux très belles illustrations est servi par un texte simple et plein de poésie."
Nos vies en l'air
de Manon Fargetton
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"Mina est juchée sur le toit d'un immeuble et s'apprête à sauter. Elle veut en finir et échapper à sa vie insupportable de lycéenne harcelée. Elle est soudainement interpellée par Océan, un jeune lycéen qui lui aussi veut mettre fin à ses jours et quitter une existence qui n'a plus de sens à ses yeux. Cette rencontre inopinée va bouleverser leur projet.
Les deux jeunes gens se parlent, souvent avec âpreté car beaucoup de choses les opposent (caractère, origine sociale...) mais chacun d'eux est taraudé par un événement traumatisant. Ils décident donc de s'accorder cette dernière nuit pour se livrer sans fard, pour se défier parfois dangereusement au cours d'une déambulation dans Paris qui va les amener à faire plusieurs rencontres qui les contraindront à réfléchir et à agir. À l'aube, il faudra se décider.

Le double sens du titre rend bien compte de la teneur de ce roman souvent poignant. La rencontre entre ces deux personnages est rendue avec force. La construction du récit, qui laisse tour à tour la parole aux deux protagonistes et propose plusieurs retours en arrière, permettant ainsi d'éclairer leur parcours et leurs blessures, est très pertinente. Les dialogues vifs et efficaces se prêtent à la mise en scène et le sens de la dérision des personnages permet de mettre à distance la réelle souffrance que nous partageons avec eux. Le rythme du récit est soutenu, certains passages sont particulièrement tendus, notamment le défi du périphérique. Le parcours méritoire et positif de Mina et d'Océan est restitué avec justesse et le dénouement ouvert du roman échappe à toute considération simpliste. Une réussite !"
Le livre des erreurs
de Corinna Luyken
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"Et si les erreurs étaient source d'inspiration ?
Un oeil trop grand ? Un cou trop long ? Une tache d'encre ? Tout n'est qu'une question de point de vue, nous montre Corinna Luyken car, sous son crayon enjoué et précis, ces erreurs deviennent des moteurs de la création, la poussant à détourner ou modifier ce qui était au départ prévu. L'imagination ne résiderait-elle pas précisément dans cet entre-deux entre l'esprit et la main ?
Sur le fond blanc apparaissent donc au fil des pages erreurs et détournements. Le regard du lecteur suit les mouvements du crayon comme le point de vue de l'illustratrice. Travelling et zoom arrière dévoilent dans un jeu de question-réponse minimaliste des personnages au départ difformes mais dont la difformité inspire puis s'intègre dans un dessin plus vaste, plus dense, mêlant encres de Chine et de couleur et crayon à papier.
Outre ce voyage graphique réussi au coeur de la création, Le livre des erreurs invite également à une réflexion sur l'apprentissage et ses errements inhérents.
Oeuvre salutaire et déculpabilisante pour tous les apprentis dessinateurs (et, plus largement, pour tous les enfants en formation), ode à l'erreur, voici un album incontournable !"
Bon...
de Jeanne Ashbé
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"Que raconte Bon... ? Une cane attend près d'un oeuf d'un blanc immaculé la naissance de l'un de ses petits. Attente... « Bon... » « bon bon bon... » « Mais ! cric cric » : la coque se fendille. Apparaît l'oeil un peu ahuri d'un petit canard. Puis la tête et le bec, et enfin le petit canard, fringant sur ses deux pattes. Premier face à face de la cane et du petit canard, premier échange... Et là on retrouve la tendresse et l'humour léger de Jeanne Ashbé. L'histoire ne s'arrête pas là pour ce petit canard : il y aura des découvertes, des aventures...
Autour d'une comptine Un petit canard au bord de l'eau*, Jeanne Ashbé crée une histoire simple et forte qui raconte la naissance d'un petit canard jusqu'à son envol. Les premiers pas de la vie.
Il s'agit de son avant-dernier album pour les tout-petits, les bébés lecteurs. [...]
A l'intérieur du livre, les illustrations occupent chacune une double page à bords perdus. Ainsi le lecteur est immergé dans l'histoire. Les formes (la cane, le petit canard...) sont simplifiées et les décors succincts. Mais des petites variations pour les yeux, les becs disent la surprise, la joie, la peur, le sourire... Du rouge, du noir et du blanc pour les moments de grande émotion comme l'attente, la naissance, l'envol final. Ainsi la chute dans l'eau est une page presque toute noire... Mais pour les moments plus légers, pleins d'humour - les premiers pas, le bord de l'eau... - on retrouve le vert, le bleu pâle, le gris sourd de J. Ashbé.
Les couleurs en aplat sont satinées, excepté le blanc. Celui-ci est mat et en devient éblouissant. Quelle technique ? On pense à de la gouache sur du papier à gros grain. Mais en regardant de près, on se demande s'il n'y a pas des papiers découpés, des tissus ou de la feutrine découpés, du papier de soie (pour le rouge, par exemple).
A la première lecture, cet album est tout simple. Mais il y a un très grand soin apporté au découpage de l'histoire, et aux détails [...]
Le texte est très clair : des phrases très courtes, des mots et des onomatopées qui permettent des répétitions sur tous les tons, des jeux de sons. Mots et phrases sont mis en valeur par des tailles de typographie, des jeux visuels (le « i » et le « ! » en miroir, à la page où le petit canard découvre son reflet). La comptine est au milieu de l'histoire, parfaitement intégrée. La conviction de Jeanne Ashbé est que tous les bébés du monde aiment que l'on fasse chanter la langue. C'est ainsi que leur vient l'envie d'entrer dans le langage. Elle insiste aussi sur la nécessité de la lecture des histoires et pas seulement le "racontage" des histoires. [...]
Un livre bourré de tendresse et d'humour, avec une pointe de gravité à la fin. A lire, répéter et chanter sans modération.
(*) : des indications au dos du livre permettent d'écouter et voir la comptine (films d'animation ou vrai canard au bord de l'eau...)"
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Horaires jusque fin août

Lundis et mercredis : 9h-12h30/13h30-17h